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La Finance Solidaire et la crise du logement

Et si la finance solidaire permettait à des jeunes d’accéder à un logement ? La crise actuelle rend ce qui est pourtant un droit fondamental, de plus en plus difficile. Plusieurs coopératives, comme les Tournières, répondent à cette problématique.


Fin août 2022, le Forem publiait son étude annuelle accompagnée d’une bonne nouvelle : 70% des Wallon·ne·s de 18 à 24 ans inscrit·e·s comme demandeur·euse·s d’emploi au Forem entre juin et octobre 2021 ont trouvé du travail dans les six mois. C’est le taux le plus élevé depuis 2008. Parmi ces 70%, la catégorie qui connait la plus grande croissance est celles des diplômé·e·s de formation par alternance, de l'enseignement primaire et du secondaire de base qui se démarquent avec un saut de 9,4%. Bonne nouvelle pour les jeunes aspirant à une nouvelle autonomie ? Oui et non.


Hourra, le marché de l’emploi se porte mieux grâce à la reprise économique qui a suivi la crise sanitaire. Là où ça coince, c’est que le marché du logement est lui aussi en crise. Indexation des loyers, inhabitation, spéculation immobilière, ces termes rythment la « crise du logement » depuis plusieurs années.


Selon le cabinet de Nawal Ben Hamou, la secrétaire d’État au Logement et à l’Égalité des chances de la Région de Bruxelles-Capitale, les premiers recensements estiment qu’il y aurait entre 17.000 et 26.000 logements vacants inoccupés sur le territoire. La Wallonie fait face au même problème avec environ 100.000 logements inoccupés, selon une étude de l’ULiège sortie en janvier. Comment expliquer ces chiffres ? En bref, les propriétaires des biens inoccupés se divisent en deux catégories : ceux·celles qui en ont suffisamment et ceux·celles qui n’en ont pas assez. Selon le syndicat des locataires, la première catégorie spécule sur le marché et ne craint pas les amendes, laissant volontairement les biens à l’abandon en attendant que leur valeur sur le marché augmente. La seconde n’a tout simplement pas les fonds pour rénover et entretenir le logement pour pouvoir le mettre sur le marché.


Cette crise n’impacte pas uniquement les propriétaires et les locataires. L’Observatoire des loyers estimait en 2018 que les 40% des ménages bruxellois les moins riches ne pouvaient accéder qu’à 10% du marché locatif. Nous sommes en 2022 et la pandémie n’a fait qu’aggraver une situation déjà précaire. En juillet, le cabinet de Nawal Ben Hamou déclarait qu’à cause de l’augmentation des loyers, « la règle selon laquelle les frais de logement ne devraient pas dépasser un tiers des revenus d’un ménage n’est malheureusement plus applicable. » Pour un·e jeune, emménager seul·e dans un appartement salubre et au loyer abordable est aussi mythique que de trouver une licorne. La situation est plus alarmante pour les jeunes en situation de mal-logement. Ces jeunes n’ont aucune maîtrise sur la durée d’occupation de leur logement à cause de la situation précaire dans laquelle ils·elles se trouvent.


Pour tenter de remédier à ce problème, plusieurs coopératives, qu’elles soient belges ou d‘ailleurs, prônent l’accès au logement pour tou·te·s. C’est notamment le cas des Tournières : son dernier projet en date vise à fournir un logement pour quatre jeunes en prise d’autonomie. Ils·elles seront accompagné·e·s par l’AMO (Service d’Aide en Milieu Ouvert) « À l’écoute des jeunes » et le CPAS de Waremme, où le président Luc Vandormael déplore le manque de moyen mis à leur disposition pour leur garantir une autonomie résidentielle : « on ne peut pas laisser des jeunes aller au travail alors qu’ils ont dormi dans leur voiture », déclarait le socialiste dans le page de l’Avenir il y a quelques mois. Si ce type de logement existe depuis plusieurs années, le partenariat avec une coopérative actrice de l’économie sociale est nouveau.


F’in Common est heureuse de faire partie des acteur·rice·s de l’économie sociale qui permettent à ces projets de faire la différence.


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